Anamso

association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses

L'OROBANCHE RAMEUSE

L'orobanche rameuse du colza est identifiée en France depuis plusieurs années. Jusqu'alors cantonnée dans le Poitou-Charentes, elle étend sa présence sur le territoire français. L'orobanche rameuse cause des dégâts considérables sur la culture de colza et peut entraîner des pertes pouvant atteindre 100% de la parcelle. Actuellement, il n'existe pas de solution efficace pour continuer le colza dans les parcelles infestées, les techniques préventives sont les seules possibles.

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Cycle et biologie

L'orobanche rameuse (dicotylédone) est un parasite strict dépourvu de chlorophylle et de racines normales. La plante est poilue et glanduleuse. Sa partie émergée consiste en une tige jaune pâle, le plus souvent ramifiée. Les fleurs sont jaune pâle ornées de bleu-violet, en forme d'épi lâche rapidement allongé. L'orobanche produit chaque année une multitude de graines : de 100000 à 1 million de graines par plante parasitée de taille minuscule (0,2 à 0,3mm) et d'une très grande viabilité dans le sol, plus de 13 ans. La levée de la dormance des graines est liée aux exsudats racinaires du colza ou d'un autre hôte. Dépourvu de chlorophylle, le parasite va pouvoir puiser toutes les substances obligatoires à son développement par l'intermédiaire d'un suçoir. Cette plante se développe principalement sur le colza mais peut également se développer et produire des graines en parasitant des adventices du colza (calépine, géranium…). En France, certaines populations peuvent attaquer le chanvre, la pomme de terre, le tabac ou la tomate.

Symptômes et conséquences

Puisant toutes les substances nécessaires dans son hôte, la présence d’orobanche entraîne un retard de croissance. En cas d’attaque sévère et précoce, le colza peut être complètement détruit. Dans le cas d’attaque moindre, un phénomène de nanisme et de chlorose des feuilles s’observe. Parfois les plantes vont subir des avortements des siliques pouvant aller jusqu’à la perte totale de la récolte dans les zones les plus touchées.

Stratégie de lutte

L'objectif est de freiner son extension. Les premiers réflexes résident en trois mots : arrêt, destruction et prévention. En effet, il est conseillé de suspendre la culture de colza sur de fortes attaques. Dans le cas de foyer identifié, les détruire avant la montée à fleur ou tout du moins avant la fructification du parasite et ce avec un désherbant total ou par arrachage manuel.

Dans un contexte favorable à son apparition, il faut appliquer des mesures préventives pour limiter son développement :

  • une gestion de l'interculture optimale afin de faire baisser le stock grainier : favoriser les repousses de colza et les détruire, semer des engrais verts pièges qui font germer les graines d'orobanche mais ne provoquent pas son développement (lin…) ;
  • allonger les rotations ;
  • soigner le désherbage dans la rotation et surveiller les bords de parcelle ;
  • favoriser l'implantation de plantes pièges (maïs…) ;
  • éviter l'implantation d'une parcelle de colza après une jachère ;
  • nettoyer le matériel pour éviter toute contamination par les outils agricoles.


 Pendant la culture de colza :

  • semer tardivement à des densités moindres ;
  • favoriser une levée homogène et des colzas poussant ;
  • désherber correctement la culture afin d'éliminer les adventices hôtes de l'orobanche ;
  • éliminer les ronds d'orobanche détectés avant ou pendant la floraison afin d'éviter la production de graines ;
  • dans le cas de parcelles infestées, éviter de faire un andainage et un broyage des résidus de colza qui assurerait une dissémination dans l'air des graines.


La lutte contre l'orobanche se poursuit, de nombreux programmes de recherche sont en cours. La mobilisation doit rester de rigueur et la vigilance de mise.


Groupe Physiologie et Pathologie Végétales, Université de Nantes
 

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