Anamso

association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses

L'Anamso a tenu son Assemblée Générale le 16 mars 2016

Lors de son Assemblée Générale du 16 mars à Chalon sur Saône, l’Anamso a réuni tous les acteurs de la filière française pour faire le point sur la culture et le marché du soja.

Le soja « origine France » part à l’assaut du marché français

La France importe chaque année 3 à 3,5 Mt de soja, dont 500000 t certifiées non-OGM produites au Brésil selon le cahier des charges français. Ce paradoxe est l’un des éléments qui pousse la filière à se structurer pour que la production française couvre les besoins du pays, aidée par le plan Protéines végétales. Preuve que le soja profite d’un ensemble de bons facteurs (prix attrayant, demande bio et non-OGM), les surfaces ont atteint 100000 ha en 2015 (40000 ha en 2013). D’après les spécialistes, tous les voyants sont au vert, l’augmentation des surfaces va se poursuivre. L’objectif de 200000 ha est adapté à la France. Anticipant cette évolution, les établissements semenciers ont multiplié par trois les surfaces de multiplication en deux ans (4174 ha en 2015).

Le soja français, un produit haut de gamme à valoriser

Les études montrent que les consommateurs veulent des produits français, des plats cuisinés à base viande issue d’animaux élevés en France et nourris avec des protéines produites en France. Pour Michel Boucly, directeur général délégué du groupe Avril, «les grandes marques doivent maintenant se fournir en France, l’objectif est qu’elles parlent de produits français, qui par définition sont non-OGM.». De son côté, Damien Collignon, administrateur Anamso et producteur, insiste pour que le soja français reste un produit haut de gamme, «il ne doit pas être noyé dans la masse et se retrouver directement en concurrence avec les produits d’importation.». C’est dans ces conditions que la prime payée aux pays exportateurs sera captée et pourra être redistribuée aux producteurs.

Des outils régionaux inscrits dans une démarche nationale

L’exemple d’Extrusel, unité de trituration détenue par des acteurs locaux, est à l’image de cette filière qui s’organise. Elle répond à un besoin local (AOP) de combler les besoins de l’alimentation animale, dans un marché de proximité. 13000 t de soja ont été triturées en 2015, la capacité est de 50000 t. Les résultats qualitatifs sont très encourageants annonce Didier Laurency, Président d’Extrusel, «les premières analyses effectuées affichent un net avantage au tourteau issu de cette unité par rapport aux importations en provenance du Brésil et de l’Argentine.». Soutenu par le groupe Avril, Extrusel est l’une des 4 ou 5 unités prévues en France. Ce maillage du territoire en cours de formation va offrir des débouchés stables pour inciter les producteurs à cultiver durablement le soja.

Le soja présente un intérêt considérable dans l’assolement

L’espèce est très intéressante dans la rotation, c’est un excellent précédent. Son extraordinaire capacité à fixer l’azote de l’air permet de diminuer les quantités apportées à la culture suivante et il facilite l’implantation d’un blé en semis direct ou simplifié. La culture du soja demande peu d’intrants et pas d’azote, et il supporte bien des périodes de sécheresse. Ses performances au champ lui donnent la capacité de concurrencer durablement d’autres productions, d’autant plus qu’il est parfaitement adapté à la culture en bio.

Pas de progrès collectif sans amélioration génétique

Malgré le faible retour sur investissement de ces années «creuses», la recherche a poursuivi ses efforts grâce à l’aide de la filière pour mettre à disposition des producteurs des variétés adaptées. Parmi les améliorations génétiques, la précocité a étendu la zone de culture et la résistance à l’égrenage a permis d’améliorer la récolte. La tolérance à la sécheresse est un axe de recherche qui permettra d’augmenter la régularité des rendements pour offrir une plus grande visibilité de la culture. La structuration de la filière doit permettre de financer une recherche adaptée, qui garantira aux producteurs de disposer de variétés performantes.

 
 

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